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Confession d’une architecte imparfaite

Dernière mise à jour : il y a 11 heures

 

Résilience et création

L’histoire de mon château de sable




Je suis née un matin, très tôt, dans le froid de l’hiver. Au moment de mon premier cri, je ne savais pas encore que j’allais être l’aînée d’une fratrie de cinq. Sinon, j’aurais crié plus fort.

Enfant, je m’enfermais dans les toilettes de l'école pour tenter, en vain, d’apprendre par cœur ma gauche et ma droite. Je ne croyais pas la maîtresse quand elle nous montrait des frontières sur la carte du monde. Je ne les voyais pas. Je lui avais demandé : si nous montons dans un avion, pourquoi les tracés ne se voient-ils pas ?




J’ai fait des études, dans plusieurs directions. Gestion, graphisme… j’ai exploré sans jamais vraiment choisir. J’ai fini diplômée en gestion, puis j’ai travaillé dans différentes entreprises. Mais il me manquait toujours quelque chose.


Après la naissance de mes deux enfants, j’ai commencé à courir. Beaucoup. Trop. Non, beaucoup trop. Jusqu’à plus de 100 km de trail par semaine et 12 heures d’entraînement. Je pouvais partir seule, tôt le matin, pour 40 km et 2 000 mètres de dénivelé. Pas pour la performance. Mais pour faire taire le bruit.



Un jour, tout a craqué.

J’ai vécu un traumatisme d’une violence extrême. J’ai tout coupé : les écrans, les réseaux, le monde.

Et une goutte d’eau a fait céder une porte que j’avais verrouillée. Une brèche s’est ouverte...




J’ai commencé à écrire. Un livre. Puis un autre. Puis encore un autre.

Le Poulailler, L’Être pluriel, Le Jardin noir.


J’avais du stylo jusqu'au front. Je me levais la nuit pour écrire. Je dormais avec mon casque audio pour corriger mes fautes. Cette parenthèse a durée trois mois. Pendant trois mois, j’ai oublié de manger, dormir, vivre.




Se relever après un choc, c’est comme tenter de lutter contre une tempête d’eau et de feu à l’intérieur de soi. J’ai fini par consulter. Pour me débarrasser de mon sac de vie trop lourd. Collé sur mon dos comme du plomb. Un diagnostic a été posé. Sans entrer dans les cases, disons simplement que mon fonctionnement ne suit pas une ligne droite. Je déteste les étiquettes. Je me décris autrement : je suis un éléphant posé sur un arbre.


J’ai essayé de rentrer dans une forme qui n’était pas la mienne.

Jusqu’au jour où j’ai choisi d’arrêter de me battre contre moi-même.

J’ai cessé de lutter. J'ai accepté.




C’est ainsi que la création est revenue.


D’abord Les 4 Chut : les mots, les mathématiques, les images…

les frontières ont commencé à disparaître.

Une équation conceptuelle le lâcher-fixe est sortie de ma tête.



Puis j'ai donné vie au néant. J’ai créé le Bav-Art.

Mon fils m’a rejointe. Nous avons ri. Beaucoup ri.

Lui aussi voyait des personnages partout.



J’ai ensuite exploré le déchirement du papier Dissonance.

Au début, je trouvais cela laid. Puis j’ai compris qu’il fallait le voir autrement.

Dans un lieu de vie. Dans des intérieurs. Dans un espace habité. Et soudain, c’est devenu beau.



Je ne savais pas encore que je construisais quelque chose.

Après chaque phase de création, la même question revenait :

Pourquoi as-tu fait ça ? Tu es folle. Complètement barge.

Alors je range, je cadre, je trie. Puis j’accepte.

Et je recommence, parce que c’est plus fort que moi.



Il y a quelques semaines, j’ai ressenti le besoin de peindre. Euphonie est né.

Pas seulement avec de l’acrylique. J’ai ajouté de la matière, de l’enduit, du bois.

Des formes. Du relief. Des œuvres en trois dimensions ont émergé.

Mon fils les adore. Même mes erreurs deviennent, pour lui, des trésors.

Et mon adolescent, pourtant difficile à convaincre, les trouve belles.


Aujourd’hui, nous vivons tantôt dans un atelier et tantôt dans un musée.





Je suis sans doute décalée, mais j’ai les pieds sur terre. On ne peut pas transformer des sacs poubelle en personnages le week-end et faire de la finance la semaine. Alors j’ai construit un monde parallèle. Un espace où je peux être pleinement moi, sans avoir besoin de choisir.




Bienvenue dans mon château de sable.

Vous pouvez entrer pieds nus, en chaussette ou en basket.

Avec des livres, une couette ou des cacahuètes.

Voir des idées un peu trop grandes, c'est pas une pirouette...


Ici, il n’y a pas de jugement. Pas de non-dits.




« La fleur ne pousse pas parce qu’elle est parfaite,

mais parce qu’elle a traversé la terre, l’obscurité,

la peur, pour enfin éclore à la lumière. »


Extrait du livre Le Poulailler

Publication prévue le 14 Juillet 2026.




WdK Architecte spécialisée en Chaos encadré.

Auteure et Artiste imparfaite.

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