AVEU d’un cœur en décalage.
- Wendie De Kandiss

- 20 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 févr.

Le cœur qui déraille.
La tête qui braille.
Je me sens nulle.
Désespérément, totalement nulle.
Je vois et je comprends tout à l’envers.
Je trouve que tout est nidoreux.
Je vois les fissures derrière les façades.
Le goût est contaminé par la pourriture.
Et les mots font trembler les fondrières.
Tout analyser, tout voir sans filtre, c’est un enfer.
C’est l’enfer de voir la superficialité
là où d’autres ne voient que des surfaces,
quand moi, je vois les entailles.
Parfois, je me lève en espérant que tout cela cesse.
C’est injuste de ne pas pouvoir éteindre la lumière.
C’est injuste de ne pas pouvoir couper le son.
C’est comme si tout le monde utilisait ses mains intuitivement,
et que moi, j’étais condamnée à me servir uniquement de mes pieds.
Comment faire pour ne pas se sentir nulle ?
Alors que je suis de travers.
Alors que je suis à l’envers.
Je vois les absurdités là où certains ne voient
que des règles à suivre.
Je suis incapable de simplifier.
Je suis incapable de trouver une logique
dans des choses qui n’en ont pas.
Je ne peux pas regarder les informations.
On y célèbre la meilleure galette des rois,
la plus grosse courge de l’année.
Pendant que, dans ce monde,
des gens meurent de faim,
que des guerres éclatent,
que la Terre se meurt.
Je ne comprends pas.
Je ne comprends rien.
Comment peut-on dire que les informations informent ?
C’est du divertissement, enrobé de chocolat, recouvert de Vache qui rit.
Les réseaux sociaux, les notifications, sont un calvaire.
Comment avons-nous pu laisser des algorithmes décider
de ce qui est pertinent et de ce qui doit être masqué ?
Comment avons-nous pu confier le monde à des machines sans émotions,
dans un monde saturé de contradictions émotionnelles ?
Je cherche du sens.
Mais il n’y en a pas.
Je suis à côté de la plaque.
Je suis noyée dans ce monde.
Je suis submergée d’incohérence.
Je n’ai pas envie de dire que ça va,
alors que rien ne va.
Je n’ai pas envie de parler de la météo, alors que tout est glacé.
Je n’ai pas envie de dire que la vie est belle,
alors qu’elle s’est déguisée
pour paraître moins moche.
Je n’ai pas envie.
Je n’ai pas envie.
Je suis en friction avec un monde
qui simplifie l’insupportable.
Qu’ils soient beaux ou moches,
mes mots sont là.
Et là, tout de suite,
je me fiche que mes maux choquent.
Et là, tout de suite,
je me fiche que mes mots soient de travers.
Je ne sais toujours pas éteindre la lumière.
Mais tant qu’elle reste allumée,
je peux encore voir où ça craque.
Love in the wild.
Wendie De Kandiss
La femme qui ne comprend rien.
Crédit photo : SHOTPRIME - Canva Pro




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