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[Art] Révolte des œuvres à l’atelier : La Géographie du Chaos.

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

 Géographie du Chaos Artistique

Art contemporain.

Quand les œuvres décident de leur propre mise en scène... Chronique d'une crise à l'atelier.


Je les avais installées avec soin et tendresse dans leurs cadres neufs. Obéissant scrupuleusement à l’injonction de mon Directeur artistique (Fils),

qui exigeait de les voir aux murs.





C’est alors que « Sac Monsieur », piqué dans son orgueil de toile mal comprise,

lança d’un ton insolant que « On s’en fout » avait, selon lui, une allure bien plus distinguée.



Je tentai une médiation esthétique.


J’expliquai, avec toute la gravité qu’exige une situation hors de contrôle, que chacun avait droit à son cadre. Mais que les 4 « Chut » incarnaient à eux seuls l’équation du Lâcher-Fixe.

Que chuter n’était pas faillir, mais tomber sur soi.

Et que tout effondrement digne de ce nom nécessitait un décor à sa hauteur.




L’argument ne porta pas.


« Sac Monsieur » me regarda avec indignation, tandis que « Le fou des Toilettes » m’adressait une langue d’une insolence rare. Les « Bav-Art », solidaires et vraiment mal organisés, décrétèrent une manifestation collégiale immédiate. Sans préavis, bien entendu : l’avant-garde ne s’embarrasse pas de formalités.


Privés de banderole pour des raisons techniques et inconnues,

ils choisirent une stratégie radicale : la gravité.



Ils se jetèrent au sol.



Ce fut le signal.

Les toiles s’agrégèrent elles aussi au mouvement :

« Funambule » confessa vouloir devenir une étoile, abandonner le fil pour la stratosphère.

Tandis que qu'une branche d'« Arbre de vie » revendiquait une indépendance racinaire.

Quant au livre Le Jardin noir, il se méprit totalement sur la situation et crut,

avec un optimisme déplacé, qu’il s’agissait d’une fête.



Pris d’un scrupule soudain, ou peut-être d’un vertige existentiel,

les cadres des 4 « Chut » décidèrent eux aussi de s’effondrer.

Les toiles fluos, toujours promptes à exacerber le réel,

vinrent ajouter une couche de chaos luminescent.




Ce fut un véritable big bang artistique :

une expansion désordonnée de formes,

d’ego et de pigments.



Et puis, plus rien à conquérir.

Une fois au sol, ils avaient atteint une forme d’absolu :

ils ne pouvaient pas tomber plus bas.








Je pressens déjà que mon Directeur artistique ne croira pas un mot de cette version.

Il préférera sans doute inventer une autre histoire, plus crédible ou pire.




Mais moi, je sais.

Ils étaient égaux par terre.


Chuute ! C'est de L'art.





WdK — Architecte littéraire et artistique.

Bâtisseuse de démolition.

Anthropomorphisme créatif.

Galerie du Château de sable : https://www.wendiedekandiss.com/art

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