Rencontre : Sportive et littéraire
- Wendie De Kandiss

- 4 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 janv.

Courir, écrire, durer :
quand l’endurance
rencontre la littérature.
On oppose souvent la sueur à l’encre.
Le souffle court à la phrase longue.
Le corps à l’esprit.
L’effort à la contemplation.
Pourtant, courir et écrire,
c’est la même chose.
C’est une affaire de temps.
Courir longtemps, écrire longtemps, c’est accepter de ne pas aller vite.
C’est traverser l’ennui, le doute, la résistance intérieure.
Dans les deux cas, il faut tenir.
Continuer. Avancer. Écouter ce qui se passe en soi,
même quand tout pousse à abandonner.
Cette année, je relève un défi fou :
un ultra-trail.84 km, 4 000 m de dénivelé positif.
Presque l’ascension du Mont Blanc.
Ce n’est pas juste accumuler les kilomètres.
C’est un mode de vie.
Sorties longues, renforcement musculaire, sommeil, alimentation, récupération.
Chaque détail compte. Le corps finit toujours par demander des comptes.
Ce n’est pas une contrainte. C’est un pacte avec soi-même.
Le sport d’endurance libère les tensions.
Pas à pas, souffle après souffle, quelque chose se dénoue.
Le mental lâche prise.
Les pensées deviennent claires, brutes, parfois inconfortables.
Essentielles.
Comme pour l’écriture, il faut du temps pour atteindre cette zone-là.
J’ai pris plusieurs départs.
Parfois pour partager un moment entre copines.
Parfois pour chercher un chrono.
Ma distance fétiche ? Le marathon.
Mais augmenté de 2 000 m de dénivelé positif.
C’est comme écrire six fois le même chapitre sans jamais en voir le bout.
J’ai connu l’échec, le doute,
le mental absent.
Je n’ai jamais abandonné.
Aujourd’hui, basket et stylo s’entrelacent.
Ils libèrent, débloquent, font s’exprimer et s’épanouir.
Les deux demandent patience, discipline, acceptation du temps long.
Les deux passent par le doute avant de révéler une vérité.
Dans le sport, il y a un départ et une arrivée.
Une ligne claire. Visible. Mesurable.
Dans l’écriture ?
Il y a un départ. Mais l’arrivée ? Elle n’existe pas.
On peut même arriver nulle part.
Et c’est là que se cache la plus grande endurance.
Dans cette absence de ligne d’arrivée.
Dans le courage de continuer, encore et encore sans garantie de résultat.
Parce que parfois, la plus grande victoire,
c’est simplement de ne pas s’arrêter.

Wendie de Kandiss.
Architecte de littérature polyscope.



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